jeudi 1 janvier 2009

La Révolution française et le génocide silencieux des catholiques de Vendée




MASONIC GENOCIDE AGAINST FRENCH CATHOLICS
Editor's Note: How often do we hear that religion is the central villain in all of history's wars and holocausts. If only mankind could jettison God, how much better off would we be, runs this line of malarkey which ignores the atheist-Communist holocausts in China, Russia and Eastern Europe that collectively killed more than 100 million people. In 18th century France the masonic French revolutionaries committed a little-known genocide against Catholics in the Vendée region. Here is a rare account of this secularist holocaust.

Vendée French call for revolutionary massacre to be termed 'genocide'
It was one of the most infamous episodes of the bloody French Revolution.
By Henry Samuel in Paris
Dec. 26, 2008 | Telegraph (UK)

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/3964724/Vende-French-call-for-revolution-massacre-to-be-termed-genocide.html

In early 1794 – at the height of the Reign of Terror – French soldiers marched to the Atlantic Vendée, where peasants had risen up against the Revolutionary government in Paris.

Twelve "infernal columns" commanded by General Louis-Marie Turreau were ordered to kill everyone and everything they saw. Thousands of people – including women and children – were massacred in cold blood, and farms and villages torched.

In the city of Nantes, the Revolutionary commander Jean-Baptiste Carrier disposed of Vendéean prisoners-of-war in a horrifically efficient form of mass execution. In the so-called "noyades" –mass drownings – naked men, women, and children were tied together in specially constructed boats, towed out to the middle of the river Loire and then sunk.

Now Vendée, a coastal department in western France, is calling for the incident to be remembered as the first genocide in modern history.

Residents claim the massacre has been downplayed so as not to sully the story of the French Revolution.

Historians believe that around 170,000 Vendéeans were killed in the peasant war and the subsequent massacres – and around 5,000 in the noyades.

When it was over, French General Francois Joseph Westermann penned a letter to the Committee of Public Safety stating: "There is no more Vendée... According to the orders that you gave me, I crushed the children under the feet of the horses, massacred the women who, at least for these, will not give birth to any more brigands. I do not have a prisoner to reproach me. I have exterminated all."

Two centuries on, growing calls from local politicians to have it declared a "genocide" have sparked intellectual debate.

"There was in the Revolution a clearly stated programme to wipe out the Vendéean race," said Philippe de Villiers, European deputy and former presidential candidate for the right-wing traditionalist Movement for France (MPF) party.

"Why did it take place? Because a people was chosen to be liquidated on account of their religious faith. Today we demand a law officially declaring it as a genocide; we demand a statement from the president; and recognition by the United Nations."

Mr de Villiers – who opposes Turkish entry into the EU – was in Armenia last month, where he compared the Vendée of 1794 to the 1915 massacres of Armenians. In neither case, he said, "have the perpetrators admitted their fault or asked forgiveness of the victims".

The bloody events of the Vendée were long absent from French history books, because of the evil light they shed on the Revolutionaries. However, they were well known in the Soviet bloc. Lenin himself had studied the war there and drew inspiration for his policies towards the peasantry.

According to the historian Alain Gérard, of the Vendéean Centre for Historical Research, "In other parts of France the revolutionaries killed the nobles or the rich bourgeoisie. But in Vendée they killed the people.

"It was the Revolution turning against the very people from whom it claimed legitimacy. It proved the faithlessness of the Revolution to its own principles. That's why it was wiped out of the historical memory," he said.

While today nobody denies that massacres took place, some historians argue they cannot be called "genocide" as there were excesses on both sides in what was a civil war, and they do not fit the UN criteria of killings based on ethnic or religious identity. "The Vendéeans were no more blameless than were the republicans. The use of the word genocide is wholly inaccurate and inappropriate," said Timothy Tackett of the University of California.

For Mr Gérard, the massacres were clearly "a deliberate policy on the part of the authorities".

For Mr de Villiers, an aristocrat whose family seat is in the Vendée, genocide does indeed apply as his forebears were killed for religious reasons: they had rebelled to protect their priests, who refused to swear an oath to the new constitution.

"It's the rare case of a people rising up for religious reasons. They did not rebel because they were hungry, but because their priests were being killed," he said.

"It is my burden – and my great honour – to defend the Vendée to the end of my days. The Vendée is not just a province of France, it is a province of the spirit. If today we enjoy the freedom to worship the way we choose, it is largely down to the sacrifice of those who died here."






Le génocide
de la Vendée


par Reynald Secher Charette

S'il est une période mal connue de l'histoire de France c'est bien celle que l'on a pour habitude d'appeler pudiquement les guerres de Vendée – en réalité une guerre d’extermination menée par la République.

Il s'agit de distinguer deux grandes phases :

– la guerre proprement dite qui va de mars 1793 à décembre de la même année avec la défaite de Savenay : c'est une guerre civile, atroce certes mais guerre civile avant tout ;

– la mise en place et la réalisation d'un système de dépopulation, d'un « populicide » comme disent les contemporains.

La guerre de Vendée :

mars-décembre 1793

Mars 1793, la Vendée militaire (770 communes réparties sur 10 000 km2 et 4 départements : le Nord de la Vendée et des Deux-Sèvres, le Sud du Maine-et-Loire et de la Loire Inférieure) s'insurge comme un seul homme et prend les armes contre la Convention. On pressentait l'événement, les responsables locaux le dénonçaient mais Paris refusait d'y croire.

Un certain nombre d'explications a été avancé quant à l'origine du mouvement. La réponse s'impose d'elle-même par son évidence : les habitants ont été acculés et ils s'insurgent pour défendre ce qu'ils ont de plus précieux : la liberté au sens large et notamment celle de croire. La Convention, qui veut créer un ordre nouveau, s'y refuse. Le seul recours local devient ainsi la résistance armée selon les principes déjà définis par saint Thomas d'Aquin et repris par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de juin 1793 « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » (art. 35).

L'élément détonateur est indiscutablement la conscription de mars 1793. La France, après avoir déclaré la guerre à l'étranger le 20 avril 1792 afin d'exporter la Révolution, subit une succession de défaites tant et si bien que, pour faire face à l'invasion qui s'ensuit, elle est amenée à lever 300 000 hommes. Les municipalités sont chargées de la sélection des conscrits. Sont retenus de préférence les opposants locaux. Dés lors, les Vendéens n'ont plus le choix : soit ils défendent un régime haï et chassent leurs prêtres, parents ou amis et laissent les populations encore plus désarmées devant le pouvoir abusif de l'État, soit ils entrent dans la résistance.

Comme l'ont fait remarquer les contemporains, contrairement à ce qui se passe en Bretagne, la révolte est spontanée. En quelques jours, les Vendéens vont faire disparaître l'ordre établi, détruire ses symboles (drapeaux, tambours, registres d'état civil, etc.) et rétablir l'ordre ancien avec sa structure traditionnelle : la fabrique. Les nouveaux chefs sont élus au suffrage universel, entendons à main levée, ce qui fera dire à Napoléon Ier : « Les armées vendéennes étaient elles-mêmes dominées par ce grand principe (l'égalité) ». Le pouvoir exécutif est confié à des capitaines secondés par une hiérarchie.

Ce mouvement spontané est aussi populaire. Les nobles, Charette, La Rochejaquelein,... refusent, dans un premier temps, les commandements offerts ; il faudra les menacer pour qu'ils se décident à regret mais aucun ne se fait d'illusions quant à l'issue de l'insurrection.

Immédiatement – et c'est sans aucun doute la grande spécificité de la Vendée militaire et ce qui explique ses capacités de résistance – la population s'organise sur le terrain et se divise en trois groupes. Le premier, constitué par la partie non combattante de la population, a pour tâche l'entretien des sols et le maintien de l'élevage. Les deuxième et troisième concernent les hommes en âge de porter les armes (à partir de 13 ans). Ils sont chargés de la défense des territoires communaux (les moulins, dans le cadre de cette défense, jouent un grand rôle en tant que postes d'observation et moyens de transmission de renseignements, notamment par l’utilisation des ailes selon un code défini) ou de grossir les effectifs de l'Armée Catholique et Royale. Cette armée, telle qu'elle est définie le 7 août 1793, se compose de permanents et de non permanents dont les effectifs sont difficiles à évaluer. À sa tête, se trouve un état-major, le conseil supérieur, composé d'un général en chef, d'un commandant en second, de généraux, de divisionnaires, de seconds chefs divisionnaires et de majors généraux, chacun d'entre eux étant affecté à des tâches très précises : casernement, armement, impression, etc.

Cette armée est formée, du moins dans un premier temps, de trois ensembles : l'armée de Bonchamps, l'armée du centre avec d'Elbée, l'armée du marais avec Charette. Là encore, il ne faut pas sous-estimer l'organisation et la stratégie de ces éléments créés par des officiers de valeur et des anciens miliciens qui, entre autres, dans le cadre de camps d'entraînement, initient les recrues au maniement des armes et à l'obéissance.

L'aboutissement de cette organisation sera le Grand conseil de la Vendée militaire, dit Conseil de Châtillon. Créé après la prise de Fontenay-le-Comte sur les conseils de l'abbé Bernier et d'Elbée, il administre le territoire insurgé au nom du roi et publie en conséquence arrêtés et ordonnances. La présidence d'honneur échoit dans un premier temps à l'évêque d'Agras, la présidence effective à Donissens, le secrétariat à l'abbé Bernier. Le 12 juin, le Conseil se donne comme premier généralissime, un paysan issu du Pin en Mauges, Jacques Cathelineau, voiturier, colporteur de son état.

Blessé à mort, le 29 juin 1793, il meurt le 14 juillet suivant. Lui succèderont d'Elbée, Henri de la Rochejaquelein et Fleuriot.

Au début de l'insurrection, les Vendéens n'avaient quasiment que des armes rustiques : couteaux de pressoir, fourches, faux et quelques fusils de chasse. Par la suite, les armes confisquées aux Bleus complèteront cet arsenal. L'artillerie comptera jusqu'à 130 pièces. La seule prise de Saumur, le 9 juin, livre 15 000 fusils et une cinquantaine de canons.

Face à cette invasion, les Bleus réagissent mollement faute de moyens et de coordination. Quelques vagues plans sont mis au point, le plus célèbre étant celui de Ronsin, adjoint au ministre de la guerre, en date du 27 mai. Il s'agit d'écraser l'insurrection en attaquant sur cinq points à la fois à partir de la Vendée, des Deux-Sèvres, du Maine-et-Loire, de la Vienne et de l'Indre-et-Loire : il sera classé sans suite.

Le 21 juin, les Vendéens, sans difficulté, s'emparent d'Angers. Charette propose alors de s'attaquer à Nantes qui représenterait une autre valeur. La ville est peu défendue et la garnison ne se compose que de 11 bataillons, soit 12 000 hommes. Les représentants du peuple, apeurés, veulent s'enfuir et il faudra toute l'énergie du maire, Baco de la Chapelle, pour les en dissuader. Le 29 juin, la rencontre s'achève par une véritable déroute pour les Vendéens avec des répercussions importantes tant sur le moral des troupes que sur l'encadrement, Cathelineau ayant été blessé mortellement.

Dès lors, la guerre va évoluer différemment. Les forces en présence sont rééquilibrées et les victoires dans les deux camps succèdent aux défaites et réciproquement. C'est, sans aucun doute, le moment fort de la guerre civile. De part et d'autre, on comprend que cette période est décisive d'où l'âpreté des combats. Châtillon, Montaigu, Mortagne, etc, sont tour à tour prises et reprises par les belligérants. L'arrivée de l'armée de Mayence, au mois de septembre, forte de 16 000 hommes de toutes armes et placée sous le commandement de Kléber, semble rompre l'équilibre des forces en présence en faveur des Bleus. Le « choc » de Torfou, le 19 septembre, est cependant catastrophique pour la Convention et, après cinq heures de combats meurtriers, la Vendée en sort apparemment renforcée. Cependant, c'est la fin de l'unité des Vendéens car les généraux, en désaccord sur les objectifs à atteindre, décident de se battre séparément. Dès lors, c'est une succession d'erreurs stratégiques qui condamnent inexorablement la Vendée, d'autant plus qu'elle perd ses principaux chefs, Bonchamps, Lescure et d'Elbée, alors que l'armée républicaine se restructure et se dote de puissants moyens.

Au début d'octobre et plus exactement à la suite de la défaite de Cholet, le 17 octobre, la Vendée militaire comprend que tout est fini. La survie semble être l'exode outre-Loire, en direction de Granville où l'on espère trouver vivres, armes et hommes. La tragédie va durer deux longs mois : le 14 novembre, l'attaque de Granville est un échec et c'est le retour vers le « pays ». Chaque « choc », chaque victoire ou défaite précipitent l'échéance devenue certaine. Le 23 décembre, c'est l'hallali à Savenay comme l'explique le célèbre rapport du général Westermann, rédigé à chaud : « Il n'y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de 1"enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'aviez donnés j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes qui au moins pour celles-ci n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d'étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramide. On fusille sans cesse à Savenay car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Morceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n'est pas révolutionnaire... »

La grande Vendée n'est plus. Commence alors la froide organisation de l'extermination totale.


Le génocide vendéen :

janvier-juillet 1794

L'avocat Villenave, le 15 décembre 1794, à l'occasion du procès Carrier, témoigne : « Après les batailles du Mans et de Savenay, la Vendée fut anéantie. Il ne resta plus que quelques pelotons rebelles que Charette, Stofflet et La Rochejaquelein s'efforçaient de grossir. Les communes rentraient dans l'ordre. Elles allaient être entièrement soumises : la clémence, la douceur, l'amnistie pouvaient seules ramener la paix dans ces malheureuses contrées... »

Mais la Convention en a décidé autrement. Hentz et Francastel, commissaires de la République, s'expliquent à ce sujet dans le cadre d'un long rapport de 38 pages rédigé en vendémiaire An II pour la Convention : « La pensée d'une amnistie était odieuse et la dignité nationale la repoussait (…) même si la guerre de Vendée était politiquement finie ». D'où « le système, poursuivent-ils, avancé par la Convention qu'il n'y aurait de moyen de ramener le calme dans ce pays qu'en en faisant sortir tout ce qui n'était pas coupable ou acharné, en en exterminant le reste, qu'en le repeuplant le plus tôt possible de républicains qui défendraient leurs foyers... »

L'idée d'exterminer la population vendéenne est pour la première fois énoncée le 4 avril 1793 par certains généraux. Le ministre Barrère, en juillet 1793, propose personnellement « un plan de destruction totale » pour des raisons militaires : « Détruisez la Vendée ! Valenciennes et Condé ne sont plus au pouvoir de l'Autrichien ; l'Anglais ne s'occupera plus de Dunkerque, le Rhin sera délivré des Prussiens ; l'Espagne se verra morcelée, conquise par les méridionaux. Détruisez la Vendée !et Lyon ne résistera plus, Toulon s'insurgera contre les Espagnols et les Anglais et l'esprit de Marseille se relèvera à la hauteur de la révolution républicaine (...). La Vendée et encore la Vendée, voilà le charbon politique qui dévore le cœur de la République française ; c'est là qu'il faut frapper (...). Il faut désoler jusqu'à leur patience...! » Le ler août, la Convention vote la destruction de la Vendée : forêts, bois, futaies doivent être abattus, les bestiaux saisis, l'habitat confisqué, les récoltes coupées. Suivent d'autres lois et divers textes réglementaires qui décident de tout mettre en œuvre pour exterminer la population. « La Vendée, s'exclame Turreau, général en chef de l'armée de l'Ouest, doit être un cimetière national.. ». Le 7 novembre, la Convention, à l'occasion d'une séance solennelle, va plus loin encore et raye de la carte de France la Vendée pour l'appeler Département Vengé.

Jusqu'à la fin de décembre 1793 ces décisions restent théoriques : les troupes républicaines ne contrôlent pas le territoire insurgé. À partir de Savenay, la situation est différente et la Convention décide de passer à l'action et de se donner les moyens adéquats. Dès lors, la mission terroriste passe avant toute chose.

Carrier se défend du moindre sentiment magnanime : « Qu'on ne vienne donc pas nous parler d'humanité envers ces féroces vendéens ; ils seront tous exterminés ; les mesures adoptées nous assurent un prompt retour à la tranquillité dans ce pays ; mais il ne faut pas laisser un seul rebelle car leur repentir ne sera jamais sincère... »

Femmes et enfants sont condamnés avec circonstances aggravantes : les premières, en tant que « sillons reproducteurs, sont toutes des monstres » ; les seconds sont « aussi dangereux car brigands ou en passe de le devenir ». Lequinio exige même de ne plus faire de prisonniers ; les patriotes ne sont pas plus épargnés : « la race est maudite ». Certains départements, même éloignés du cadre de la Vendée militaire, prennent des mesures similaires. C'est le cas de l'Eure : « les laisser échapper, écrit le représentant du peuple, le 20 pluviôse An II, serait partager le crime de leur existence ». Il s'agit ensuite de passer de la théorie à la pratique.

La première correspond plutôt à l'énonciation d'idées ou à des expériences. Conformément aux ordres de la Convention et du Comité de Salut Public, un pharmacien d'Angers, physicien de son état et alchimiste, nommé Proust, avance l'arme chimique, en l'occurrence « une boule de cuir remplie d'une composition dont la vapeur dégagée par le feu devait asphyxier tout être vivant fort loin à la ronde ». L'essai sur des moutons aux Ponts-de-Cé, en présence de députés, est sans résultat « et personne n'en fut incommodé ».

D'autres, comme le général Santerre, proposent le recours aux mines : « des mines, des mines à forces !... des fumées soporatives ! Et puis tomber dessus... » Carrier soumet l'utilisation du poison : « ce que vous faites, explique-t-il le 9 novembre 1793, est beau sans doute mais où cela mènera-t-il la nation ? A une victoire, peut-être ? Que font au peuple vos victoires qui ne terminent rien ? Il faut employer les moyens extrêmes. Vous avez à délivrer le pays d'un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d'eau. Empoisonnez du pain, que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands et laissez faire l'effet. Vous avez des espions parmi ces soldats du pape qu'un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la patrie est sauvée. Vous tuez les soldats de La Rochejaquelein à coups de baïonnette, tuez-les à coup d'arsenic, cela est moins dispendieux et plus commode. Je vous ouvre cet avis auquel j’ai fait adhérer ma société populaire et avec des sans-culottes comme vous, je n'ai pas besoin d'en dire davantage. »

Les projets d'envergure, malgré un début d'exécution, sont abandonnés, en raison de leur incertitude, pour des mesures empiriques ponctuelles comme la guillotine surnommée « le rasoir national », « le moulin à silence » ou « la sainte mère », la balle, la baïonnette, le sabre et la crosse des fusils. Cependant, de l'aveu même des républicains, l'ensemble de ces moyens est trop lent et donc inefficace et surtout trop coûteux ; le bourreau chargé de la guillotine perçoit 59 livres (50 livres pour lui, 9 livres pour le porteur) pour chaque tête coupée ; les balles sont rares et surtout destinées à l'effort de guerre lié à la conquête extérieure; les baïonnettes et les sabres cassent trop facilement sous les chocs répétés et les crosses, dont on se sert comme massue pour faire éclater les crânes des Vendéens alignés en « chapelet » ne sont pas suffisamment solides.

Il s'agit donc de trouver des solutions plus adaptées aux circonstances et au résultat défini. Dans les villes périphériques, deux principalement seront retenues : « les anti-chambres de la mort » et les noyades.

« Les anti-chambres de la mort », expression de Carrier, sont composées de prisons, comme celle du Bouffay à Nantes, de camps à ciel ouvert notamment les camps sur les îles de la Loire et les bateaux-prisons d'Angers, des Ponts-de-Cé, de Nantes, etc. Ces lieux étaient conçus comme autant de « mouroirs » selon l'expression nantaise à la mode. On espérait que les prisonniers entassés les uns sur les autres allaient mourir naturellement, vaincus par la maladie, ou à défaut s'entre-tuer. En fait, les résultats déçoivent et il s'avère nécessaire d'accélérer le processus, à défaut, on a de nouveau recours à la guillotine, aux fusillades massives, occasions de véritables fêtes, et aux noyades.

Pendant longtemps, on a cru ces noyades limitées à la seule ville de Nantes (23 au moins y sont recensées dont une d'au moins 1200 personnes). En fait, il n'en est rien et on les retrouve un peu partout : à Angers, aux Ponts-de-Cé, au Pellerin, etc.

Selon les cas, ces noyades sont individuelles, par couple ou en nombre. Les noyades par couple, appelées « mariages républicains », ont particulièrement marqué les témoins en raison de leur caractère : il s'agit d'unir nus (les vêtements sont confisqués et vendus par les bourreaux) dans des positions obscènes un homme et une femme, de préférence le père et la mère, le frère et la sœur, un curé et une religieuse, etc. avant de les jeter à l'eau. Pour les noyades en nombre, la procédure est plus longue : on entasse « la cargaison humaine » dans une galiote aménagée de sabords ; une fois au large, on fait voler les planches en éclats, à coups de hache : l'eau gicle de toutes parts et en quelques instants le bateau coule et les prisonniers meurent noyés. À défaut, les survivants sont immédiatement sabrés, d'où le nom de sabrade inventé par Grandmaison. Afin de couvrir les cris, « les noyeurs affectent de chanter très haut » explique un témoin.

Les conventionnels, dans un souci d'économie (un bateau coulé coûte 200 livres) ont essayé l'asphyxie à partir de bateaux hermétiquement clos. Ce moyen n'est cependant pas retenu car « le râle des mourants dérange les riverains »...

Quant aux moyens à retenir dans la Vendée militaire profonde, ils sont laissés à la discrétion des responsables et des structures chargés de traverser le territoire à savoir : les colonnes infernales, ou queues de Robespierre, qui se mettent en route le 21 janvier 1794, la flottille sur la Loire et le comité de subsistance.

Tout ordre donné sous-entend rapports et les généraux et autres responsables chargés des opérations, en bons militaires, s'exécutent scrupuleusement. À l'heure actuelle, ces rapports, rédigés en double exemplaire, sont, entre autres, déposés au sein des archives militaires du fort de Vincennes. Les pires atrocités sont commises : à Angers et dans d'autres lieux, on tanne la peau des Vendéens afin d'en faire des culottes de cheval destinées aux officiers supérieurs et on coupe les têtes pour les disséquer ; aux Herbiers, on jette les femmes et les enfants, blancs comme bleus, dans des fours ; à Clisson, on fait fondre des corps pour en récupérer de la graisse pour les hôpitaux et les charrettes, etc.

L'holocauste s'accompagne de la ruine du pays : « il s'agit, pour le ministre Barrère, de balayer avec le canon le sol de la Vendée et de le purifier par le feu ».

Si ce génocide, malgré les intentions et la programmation, n'est pas mené à terme, c'est uniquement en raison « de la faiblesse des moyens ». Terreau s'en dit d'ailleurs désespéré« car il lui est affreux de voir suspecter son zèle et son opinion ». De plus, il se dit mal secondé.

Le bilan s'impose : la Vendée militaire, sur une population estimée à 815 000 personnes, a perdu au moins 117 000 de ses membres dont une grande partie du fait du système de dépopulation dénoncé à l'époque par Gracchus Babeuf, père du communisme, qui parle d'ailleurs de « populicide ». Qui plus est, au moins 10 300 maisons sur 53 273 recensées dans les seuls départements de la Loire inférieure, des Deux-Sèvres et du 1/3 de la Vendée ont été détruites. Certaines zones, pour diverses raisons, ont été plus touchées que d'autres. C'est ainsi que Bressuire perd 80 % de son habitat; Cholet 40 % de sa population, etc.

La prise de conscience de l'ensemble de ces événements ne se fera qu'après la chute de Robespierre, fin juillet 1794. Il s'ensuivra alors de longs procès et l'on condamnera à mort les responsables locaux pour crimes contre la République. D'autres, un peu plus tard, comme Turreau, ne seront pas sanctionnés : « les responsabilités étant au-dessus d'eux ». Et le silence suivra.

« Il n'y a plus de Vendée , elles est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas de prisonnier à me reprocher, j'ai tout exterminé. [...] Nous ne faisons plus de prisonnier, il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n'est pas révolutionnaire.

Les procédés les plus barbares d'extermination ont été mis en oeuvre par les colonnes infernales.

- Tanneries de peaux humaines :

La pièce 262 des Extraits des délibérations et dépositions d'Angers qui relate le témoignage de Claude Jean Humeau au tribunal d'Angers le 26 août 1795 :

« que Pecquel chirurgien au 4ième bataillon des Ardennes écorcha 32 de ces cadavres, les fit porter chez Lemonnier, tanneur au Ponts-Libres (actuels Ponts-de-Cé), pour les tanner, que le particulier s y refusa, qu'il sait que les peaux sont déposées chez Prud'homme, manchonnier à Angers » (Archives du Maine-et-Loire)

Autre témoignage attestant de ces tanneries de peaux humaines :

Godard Faultrier rend compte d'une conversation qu'il a avec un berger nommé Robin qui avait 13 à 14 ans et qui fut témoin des horreurs commises :

« ..Sur la demande que je lui adressais, s'il avait connaissance des 30 victimes auxquels la peau fut enlevée, pour être tannée, il me répondit « que le fait n'était que trop certain, et qu'il avait, de ses yeux, plusieurs cadavres en cet état gisant au bord de l'eau sur la grève...Mais le moyen de croire à de pareilles horreurs, lui répliquais-je !

-Je n'en impose point, reprit-il et même je puis vous affirmer qu'ils étaient écorchés à mi- corps parce que, continua-t-il, on coupait la peau au-dessous de la ceinture, puis le long de chacune des cuisses jusqu'à la cheville des pieds de manière qu'après son enlèvement, le pantalon se trouve en partie formé. Il ne restait plus qu'à le tanner et à le coudre... ».

Ce témoignage date du 31 mai 1852.

- Les fours où l'on jetait les femmes vivantes :

On citera les témoignages des Commissaires républicains Morel et Carpenty à la Convention le 24 mars 1794 :

« A Montournais, aux Epesses et dans plusieurs autres lieux, le général Amey fait allumer les fours et, lorsqu'ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. » A qui ose le lui reprocher, il répond que « c'est ainsi que la République veut cuire son pain ».

Autre témoignage :

« Amey, écrit l'officier de police Gannet dans un rapport, fait allumer les fours et lorsqu'ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations ; il nous a répondu que c'était ainsi que la République voulait faire cuire son pain.

D'abord on a condamné à ce genre de mort les femmes brigandes, et nous n'avons trop rien dit; mais aujourd'hui, les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu'ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles des royalistes manquant, ils s'adressent aux épouses des vrais patriotes. Déjà, à notre connaissance, vingt-trois ont subi cet horrible supplice et elles n'étaient coupables que d'adorer la nation. Nous avons voulu interposer notre autorité, les soldats nous ont menacé du même sort ».

- Les fonderies de graisse humaine :

« C'est là encore à Clisson, que le 6 avril suivant, sur le bord de la rivière, on aurait fait fondre, dans un four improvisé, cent cinquante femmes pour en obtenir de la graisse: dix barils en furent expédiés à Nantes... ».

Le 1er août 1793, la Convention adopte :

« Il sera envoyé en Vendée des matières combustibles de toutes sortes pour incendier les bois, les taillis et les genêts. Les forêts seront abattues, les repaires des rebelles anéantis, les récoltes coupées et les bestiaux saisis. La race rebelle sera exterminée, la Vendée détruite. »

En novembre, le général Turreau est nommé commandant en chef de l'armée de l'ouest avec la charge de faire appliquer ce décret.

Il divise l'armée en six divisions de deux colonnes chacune, qui ont pour mission de ratisser le territoire et d'exterminer la population. Ce sont les « colonnes infernales » qui vont se livrer au génocide des Vendéens.

L'ordre de départ est donné le 21 janvier 1794, cette première phase sera appelée « La Promenade Militaire ». Début 1794 pourtant, la Grande Armée Catholique et Royale n’est plus qu'un nom, après la débâcle de la Loire.

Ce ne sont plus que des bandes pourchassées et de moins en moins nombreuses. C'est donc sur la population que s'acharnent ces colonnes infernales.


Ordre du jour du général Grignon, commandant la 2ème division :

« Je vous donne l'ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d'être brûlé et de passer au fil de l'épée tout ce que vous rencontrerez d'habitants. »

Extraits de rapports des généraux républicains commandant les Colonnes : « Nous en tuons près de 2000 par jour ... J'ai fait tuer ce matin 53 femmes, autant d'enfants ... J'ai brûlé toutes les maisons et égorgé tous les habitants que j'ai trouvés. Je préfère égorger pour économiser mes munitions ».

Cordellier arrive à Clisson ; il trouve dans une salle en ruines du château 300 paysans qu'il fait jeter, vivants dans une citerne qu'on comble de fagots et de planches.

Plus tard, aux Lucs-sur-Boulogne, hommes, femmes et enfants se sont réfugiés dans la petite église ou à proximité. Sabres, baïonnettes, pics… frappent, égorgent, éventrent, écrasent ...Le canon fait écrouler la modeste église sur ses occupants. 458 noms de ces martyrs sont connus, dont 110 enfants de moins de 7 ans.

Turreau est relevé de ses fonctions en mai 1794, puis décrété d'arrestation en septembre. Jugé en décembre 1795, il est acquitté à l'unanimité.



Psychopathology of the Left: Some Preliminary Notes, By Kerry Bolton
The following essay was later incorporated into Kerry Bolton’s The Psychotic Left: From Jacobin France to the Occupy Movement, available from Black House Publishing.





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