dimanche 24 septembre 2017

De Reagan à Sanders


Il peut paraître inutile de se pencher sur l'évolution de la politique états-unienne depuis l'ère reaganienne, pourtant c'est ce qui permet de comprendre le mieux le phénomène Trump. L'ère reaganienne a non seulement inauguré l'alliance du capitalisme sauvage, du fondamentalisme chrétien et du faux populisme réactionnaire dans le camp républicain, elle a également inauguré le démantèlement complet des idées socialistes (New Deal) dans le camp démocrate. 

Le journaliste Thomas Frank, ancien reaganien devenu grand fan du mouvement lié à Bernie Sanders, a l'intelligence de discerner entre le populisme authentique - de nature économique - et le faux populisme créé par les républicains (Fox, Tea Party, birthers, trumpisme, etc.). Obama, grand orateur animé d'un idéal libéral quasi révolutionnaire, aurait dû engendrer un tel mouvement populiste économique, s'il avait été conséquent avec ses nombreux discours contre les banques; c'est pourquoi les républicains ont pris les devants et lui ont littéralement coupé l'herbe sous le pied en créant le mouvement de contestation Tea Party. Astucieux, les républicains ont littéralement volé sa cause à Obama. Au début Obama s'en est pris aux banques mais ça n'a pas duré. Trump est en quelque sorte l'ombre d'Obama et de son esprit contestataire, presque révolutionnaire. La contestation des traités de libre-échange aurait dû être le travail d'Obama, mais c'est Trump qui l'a fait. Obama a été trop influencé par le courant anti-socialiste des Clinton, pour des questions bassement électoralistes. (N'oublions pas que ce fut Bill Clinton, allié à Al Gore, qui mena les Chicago Boys à imposer le capitalisme sauvage en Europe de l'Est dans les États de l'ex-URSS.) L'ère Obama s'est avérée décevante à maints égards, Trump a pu ainsi voler lui la vedette en incarnant le "vrai populiste" à sa place. Or le trumpisme s'avère être un faux populisme créé expressément par les républicains afin de récupérer les forces vives de contestation du peuple américain après la crise financière de 2008 et de les orienter dans le sens de leurs lubies anti-socialistes (ex: Trump poursuit dans la même voie avec ses menaces contre le Vénézuela, l'accusant d'être dans une situation trouble en raison précisément de son socialisme, ce qui lève le voile en fait sur sa propre pensée ultra-libéraliste, capitaliste sauvage).

Il n'y a plus guère que Bernie Sanders pour représenter un authentique populisme, le populisme économique (contre le pouvoir des banques, pour des soins de santé universels, l'université gratuite, etc.), et même, depuis peu, un authentique populisme non-interventionniste en matière de politique étrangère. À ce sujet, voir le précédent article de ce blog.




Corporate Democrats Have a Vested Interest in Not Listening to Workers - RAI with Thomas Frank (1/6)



Clinton Attacks Sanders in New Book – RAI With Thomas Frank (2/6)



Liberal Elite Doesn't Care Much About Inequality - RAI with Thomas Frank (3/6)



Clinton Democrats Hate the Left - RAI with Thomas Frank (4/6)



From Ronald Reagan to Bernie Sanders - RAI with Thomas Frank (5/6)



Prisoners of Hope - RAI with Thomas Frank (6/6)


Idem du côté israélien, puisque Bibi est un Américain: The Link Between Benjamin Netanyahu and Extreme Libertarian Ayn Rand  In his self-promoting book 'The Israeli Tiger,' the prime minister proved himself to be under the spell of the 'Fountainhead' writer.



Sur ce blog:

De colombes libérales pour la justice sociale et contre la guerre du Vietnam à faucons néocons pro-guerre sans fin pour Israël : le mythe de la guerre de Six Jours, à la base de l'insécurité et de la droitisation chez les juifs

Le Nouveau Monde, Nouvel Israël? Sion en Amérique : la Maison blanche plus que jamais sous influence de la secte dominioniste. Ce puissant mouvement religieux et politique de droite voit en Trump le prophète devant accomplir le glorieux destin de l'exceptionnalisme états-unien

Conflit entre la Corée du Nord et Israël, et possible conflit nucléaire avec les USA de Trump: rappelons les menaces de l'ancien ambassadeur d'Israël aux Nations unies Dan Gillerman sur Fox News en 2013: "Si la Corée du Nord continue dans cette voie, elle devrait être rayée de la carte, ce serait un excellent message, très clair, au reste du monde et spécialement à l'endroit des Iraniens"

Pour Stephen Bannon et l'Alt-Lite de Breitbart and co., "anti-Israël" rime avec "contrôlé par les juifs". Infowars (Alex Jones) en renfort pour nous convaincre que Bannon a raison...

Du mythe de l'appui inconditionnel des juifs pour le communisme et les droits civiques des noirs... Quand la branche américaine de la LDJ travallait avec le FBI pour traquer et attaquer les groupes noirs, les diplomates soviétiques et des arabes

La désinformation en marche: Pourquoi il faut rompre avec l'anticommunisme dépassé. (Aurait-on oublié que le concept de "nouvel ordre mondial" célèbre expressément la fin du communisme?) Contre le droitisme retardataire des milieux conspirationnistes.

Pendant que Corbyn le socialiste pro-palestinien nouvellement élu à la tête du Parti Travailliste anglais se fait trucider dans les grands médias anti-antisémites néolibéraux bien-pensants, de plus en plus de dissidents nationalistes américains (même les antijuifs) tombent dans le piège de la nouvelle droite sioniste et deviennent leurs idiots utiles les plus efficaces

L'ère messianique reaganienne